Les jouets et l’enfant

Les jouets, leur importance et la thérapie par le jeu

Pourquoi jouer ?

Dès la naissance, le nouveau-né part à la conquête et découverte du monde : il porte à la bouche toutes choses extérieures à lui, touche, regarde, entend et vocalise de petits gazouillis. Il fait ainsi la découverte de son propre corps et du monde environnant qui l’entoure. Plus tard, l’enfant commence à interagir avec ce monde mais aussi avec les autres êtres humains et objets qui le constituent, s’exerçant alors au phénomène du jeu. Avec une poupée, des petites figurines, des legos, des encastrements ou autres. De façon quasi permanente, l’enfant se passionne pour cette activité autour de laquelle il investit un objet en particulier. Cet objet devient indispensable à son quotidien, il le trimballe constamment avec lui, le garde pour manger, le porte à son lit, en voyage ou à l’extérieur de la maison et parfois même à l’école. En société, nous nommons communément cet objet « le doudou ».

Ce doudou est porteur d’une symbolique très importante pour le petit enfant, d’abord parce qu’il est significatif de la nature sentimentale qui le constitue. L’objet doudou est souvent issu de la mère, ou en tout cas, il se présente comme substitut de la mère, dans l’imaginaire du petit enfant. La présence du doudou est donc un vecteur contenant et rassurant face aux angoisses, l’enfant se sent comme protégé avec lui.

Ensuite, il est le symbole d’une « première non-moi possession ». Pour être clair, cette expression parle de la capacité du jeune enfant à reconnaître les objets du monde dans lequel il grandi, comme différents de lui. Cette habilité est très importante par la suite, dans le développement de l’enfant et de ses interactions sociales.

Aussi, le doudou a une place très particulière dans l’esprit du jeune enfant : il peut aussi bien être dedans que dehors, ou à la limite des deux. C’est dire qu’en jouant avec ce jouet fétiche, l’enfant fantasme et imagine des idées, des scénarios, des personnages et bien d’autres choses qui existent au-dedans de lui (soit dans sa tête). Pourtant le « joujou », lui, est bien réel, étant à l’extérieur de sa tête. Dès que le petit enfant joue avec un jouet, se met alors en place une relation entre son monde imaginaire et ce même jouet, à travers le phénomène du jeu. Nous sommes donc ici, un peu en-dedans de l’enfant (nous accédons à ce qui se joue dans sa tête) et un peu au-dehors (la scène a lieu dans le monde réel). Ce qui donne lieu à de réelles potentialités.

Continuons vers le quatrième point sur cette potentialité qu’offre le jeu. C’est effectivement une activité dans laquelle l’enfant expérimente sa capacité à créer, imaginer, inventer des choses (histoire, image, objet, personnage etc.), concevoir et produire de manière concrète, cette « imagination créatrice ». Cette expérience de vie est très formatrice pour le petit enfant, lui permettant de devenir Sujet de lui-même. C’est-à-dire un individu à part entière reconnu par les autres pour ce qu’il est. Pour finir, cela crée des interactions entre l’enfant et son environnement, ce qui lui permet de ressentir des affects, de leur donner des représentations, du sens et de se les approprier.

Pour résumer, à travers l’image du fameux « doudou » que nous connaissons tous, nous constatons combien l’activité du jeu est primordiale dans la construction cognitivo-psychique des enfants. Le jeu crée un « espace potentiel » pour les petits, permettant de transiter vers des affects, des ressentis, des lois ou règles de vie, auxquelles ils vont pouvoir donner du sens. C’est à travers sa propre création que l’enfant apprend tout ce qui l’entoure. Dans l’espace du jeu s’exécute alors un « moment transitionnel » vers l’apprentissage du monde, de soi et des autres individus.

Voilà pourquoi je souhaite maximiser cet outil lors d’entretien avec l’enfant. Cela permet d’établir un premier contact favorisant la communication, fluidifiant la relation, rassurant le tout-petit, autorisant qu’une alliance et une confiance se créent entre l’enfant et le thérapeute.

Article par Flavie Peglion – Psychologue clinicienne et hypnothérapeute à Nice

Méthodes en psychanalyse

De l’observation à l’introspection

Dans les psychothérapies individuelles à dimension introspective préconisées par les professionnels de santé, la technique de l’analyse s’inspire totalement de la psychanalyse Freudienne. Il y a à cela deux mécanismes principaux à cette méthode thérapeutique : la première étant d’aider le patient à décortiquer toute sa chronologie de vie en lien avec son environnement, dans lesquels s’inscrivent ses constructions mentales et psychiques. Il s’agit d’être étayant et soutenant autant pour le praticien que pour le patient, puisque le travail d’analyse se fait à deux. C’est-à-dire que l’individu creuse de lui-même son intérieur profond, le psychologue n’étant présent que pour l’accompagner et le guider. La seconde consiste en un phénomène plus souvent cité dans notre langage collectif mais bien souvent incompris. Il s’agit du « transfert ». Nous transposons tous des pensées, des images, des identifications et ressentis à travers nos pairs. Ainsi, le transfert dans le cadre de l’analyse produit une actualisation des motions cachées ou oubliées par le patient. Ses motions pulsionnelles ou émotionnelles, sont le fruit de la fameuse dynamique de vie dans laquelle s’instaure notre construction et aménagement psychologique. Le transfert est donc à la fois indispensable pour avancer dans la cure analytique mais il soulève également les plus hautes résistances du sujet. Il est évidemment difficile pour tout être humain de se dévoiler tel quel.

Pour tenter de contourner les défenses de l’individu, la psychanalyse préconise une règle fondamentale : celle de « libre association ». Expliquons ! Il s’agit d’inviter certes le patient à faire le récit de l’histoire de son arrivée en consultation et de surcroît, de dire tout ce qui lui passe par la tête sans faire le tri. Même s’il estime que cela est dénué de sens, ou d’importance, ou que ce n’est pas en lien avec le sujet. Cela nécessite parfois du temps. Il est vrai que de dire tout ce qui nous passe par la tête à un parfait inconnu ne semble pas naturel. C’est l’effort le plus difficile mais aussi le plus conséquent pour la bonne conduite de la psychothérapie, à faire de la part du patient. Ainsi, une réelle relation thérapeutique peut se créer. Elle est concomitante à la confiance thérapeutique qui lie le consultant et le consulté.

Il semble capital de rappeler ici que le code déontologique des psychologues soumet le professionnel à un devoir de discrétion absolue. La levée du secret professionnel ne peut se faire qu’en cas d’extrême danger intentant à l’intégrité du patient ou celle d’autrui. Cette décision et préhension du danger encouru par le patient est laissé à l’appréciation du thérapeute. Il n’y a donc pas de seuil jaugeable valable ou standardisé.

Il me semble également très important de rappeler ici, le devoir d’écoute du psychologue qui se forme autour de ce qu’on nomme la « neutralité bienveillante ». Cette expression extraite du courant psychanalytique est totalement intégré au code de déontologie du psychologue. Il s’agit de garder une écoute du discours du patient compréhensive et attentive, sans être dans le découragement de la production verbale et sans prendre parti. Le psychologue se doit de rester disponible sans valeurs morale vis-à-vis de ce que le patient lui verbalise. Freud disait « je n’ai aucune éthique  car si j’en avais une, il me serait impossible d’entendre tous ceux que les patients me dise sur leur vie intrapsychique, leur fantasme, leur désir et leur angoisse… ».

Il s’agit là de la meilleure manière de résumer la position de neutralité bienveillante du thérapeute avec le patient. Le conseil et le jugement ne sont pas des outils de la cure analytique, sinon le sujet ne pourrait pas s’autoriser à « tout » dire.

Article par Flavie Peglion – Psychologue clinicienne et hypnothérapeute à Nice