De l’observation à l’introspection
Dans les psychothérapies individuelles à dimension introspective préconisées par les professionnels de santé, la technique de l’analyse s’inspire totalement de la psychanalyse Freudienne. Il y a à cela deux mécanismes principaux à cette méthode thérapeutique : la première étant d’aider le patient à décortiquer toute sa chronologie de vie en lien avec son environnement, dans lesquels s’inscrivent ses constructions mentales et psychiques. Il s’agit d’être étayant et soutenant autant pour le praticien que pour le patient, puisque le travail d’analyse se fait à deux. C’est-à-dire que l’individu creuse de lui-même son intérieur profond, le psychologue n’étant présent que pour l’accompagner et le guider. La seconde consiste en un phénomène plus souvent cité dans notre langage collectif mais bien souvent incompris. Il s’agit du « transfert ». Nous transposons tous des pensées, des images, des identifications et ressentis à travers nos pairs. Ainsi, le transfert dans le cadre de l’analyse produit une actualisation des motions cachées ou oubliées par le patient. Ses motions pulsionnelles ou émotionnelles, sont le fruit de la fameuse dynamique de vie dans laquelle s’instaure notre construction et aménagement psychologique. Le transfert est donc à la fois indispensable pour avancer dans la cure analytique mais il soulève également les plus hautes résistances du sujet. Il est évidemment difficile pour tout être humain de se dévoiler tel quel.
Pour tenter de contourner les défenses de l’individu, la psychanalyse préconise une règle fondamentale : celle de « libre association ». Expliquons ! Il s’agit d’inviter certes le patient à faire le récit de l’histoire de son arrivée en consultation et de surcroît, de dire tout ce qui lui passe par la tête sans faire le tri. Même s’il estime que cela est dénué de sens, ou d’importance, ou que ce n’est pas en lien avec le sujet. Cela nécessite parfois du temps. Il est vrai que de dire tout ce qui nous passe par la tête à un parfait inconnu ne semble pas naturel. C’est l’effort le plus difficile mais aussi le plus conséquent pour la bonne conduite de la psychothérapie, à faire de la part du patient. Ainsi, une réelle relation thérapeutique peut se créer. Elle est concomitante à la confiance thérapeutique qui lie le consultant et le consulté.
Il semble capital de rappeler ici que le code déontologique des psychologues soumet le professionnel à un devoir de discrétion absolue. La levée du secret professionnel ne peut se faire qu’en cas d’extrême danger intentant à l’intégrité du patient ou celle d’autrui. Cette décision et préhension du danger encouru par le patient est laissé à l’appréciation du thérapeute. Il n’y a donc pas de seuil jaugeable valable ou standardisé.
Il me semble également très important de rappeler ici, le devoir d’écoute du psychologue qui se forme autour de ce qu’on nomme la « neutralité bienveillante ». Cette expression extraite du courant psychanalytique est totalement intégré au code de déontologie du psychologue. Il s’agit de garder une écoute du discours du patient compréhensive et attentive, sans être dans le découragement de la production verbale et sans prendre parti. Le psychologue se doit de rester disponible sans valeurs morale vis-à-vis de ce que le patient lui verbalise. Freud disait « je n’ai aucune éthique car si j’en avais une, il me serait impossible d’entendre tous ceux que les patients me dise sur leur vie intrapsychique, leur fantasme, leur désir et leur angoisse… ».
Il s’agit là de la meilleure manière de résumer la position de neutralité bienveillante du thérapeute avec le patient. Le conseil et le jugement ne sont pas des outils de la cure analytique, sinon le sujet ne pourrait pas s’autoriser à « tout » dire.
Article par Flavie Peglion – Psychologue clinicienne et hypnothérapeute à Nice